De nombreux services de sécurité publique disposent déjà des données et des technologies nécessaires pour passer d’une réponse en temps réel à une analyse des tendances. Cette évolution peut générer d’importants bénéfices opérationnels et économiques.
Améliorer l’efficacité : les avantages cachés des données existantes
Les services de sécurité publique adoptent de plus en plus des outils d’analyse intelligents afin d’améliorer leur connaissance de la situation en temps réel. Ces alertes favorisent des interventions rapides et éclairées, au bénéfice de la sécurité publique. Les données collectées par les caméras et autres capteurs peuvent toutefois être exploitées de nombreuses autres façons. Utilisées dans une logique d’analyse des tendances, elles permettent de comprendre ce qui s’est déroulé dans un secteur au cours des derniers mois et d’anticiper ce qui pourrait se produire ensuite.
Tendances et données : la voie vers une intelligence proactive
L’analyse des tendances et la reconnaissance de schémas permettent d’adopter une approche proactive de la sécurité publique et une planification stratégique plus efficace à long terme. Les déploiements fondés sur les données aident les forces de l’ordre dans de nombreuses missions, telles que la prévention de la criminalité, l’interpellation de suspects ou la sécurisation d’événements. Une utilisation plus efficace des ressources humaines et financières permet d’optimiser les budgets tout en obtenant des résultats meilleurs et plus facilement mesurables.
Les métadonnées générées par l’analytique en périphérie de réseau — horodatées, géolocalisées et consultables — constituent précisément la matière première nécessaire à l’analyse des tendances. Le démarrage ne nécessite donc pas d’investissements importants dans de nouvelles infrastructures.
Les outils permettant de visualiser, d’agréger, d’examiner et d’analyser les données issues des capteurs font souvent déjà partie des écosystèmes existants. Les logiciels de gestion vidéo (VMS), les systèmes de gestion des preuves (EMS) et d’autres plateformes utilisées au sein d’un Real-Time Crime Center (RTCC) regroupent ces métadonnées et les présentent sous forme de tableaux de bord, de cartes thermiques et de rapports d’analyse. Les responsables opérationnels, les analystes et les décideurs obtiennent ainsi des informations exploitables pour agir de manière plus proactive.
Cas concrets : l’analyse des tendances en pratique
Les données éclairent les décisions, mais ne les prennent pas à la place des personnes. Elles orientent vers la meilleure action à entreprendre. L’impact opérationnel de l’analyse des tendances s’étend à l’ensemble des missions de sécurité publique et permet d’identifier les problèmes avant qu’ils ne deviennent des situations d’urgence.
- Exemple : criminalité organisée dans le commerce de détail
Les récidivistes suivent souvent des schémas prévisibles. Les groupes organisés de vols à l’étalage ciblent généralement certaines zones et se déplacent méthodiquement d’un site à l’autre. En regroupant les données historiques de reconnaissance de plaques d’immatriculation (LPR), les services concernés peuvent identifier les véhicules et les modes de repérage associés à des faits antérieurs, ce qui permet des actions de prévention et d’interception plus ciblées.
- Exemple : gestion des foules et des événements
Les grands événements représentent un défi particulier pour les infrastructures urbaines. L’analyse des données issues d’événements précédents permet d’identifier une hausse de la criminalité autour des sites concernés ainsi que les zones où les embouteillages apparaissent habituellement. Les ressources peuvent ainsi être réparties plus efficacement, les feux de circulation optimisés et les agents positionnés avant l’arrivée des premiers participants.
- Exemple : qualité de vie et espaces publics
Les actes de vandalisme ou les nuisances sonores récurrentes sont souvent difficiles à traiter, car ils ne sont pas systématiquement signalés. Il devient alors compliqué d’affecter les ressources de manière stratégique. Les analyses de fréquentation, d’occupation des espaces et des données audio permettent de déterminer quand et où ces phénomènes atteignent leur maximum. Les interventions peuvent ainsi être planifiées en fonction de tendances documentées, évitant des patrouilles réactives répétitives et coûteuses.
Les analyses audio peuvent également détecter des sons révélateurs d’incidents plus graves, tels que des cris, du verre brisé ou d’autres anomalies sonores. Avec le temps, ces données permettent d’identifier les lieux et les périodes où les incidents surviennent le plus fréquemment.
Améliorer les performances grâce au partage des données
Les avantages sont encore plus importants lorsque plusieurs services mettent leurs données historiques en commun. La combinaison d’informations provenant de différents départements peut faire émerger de nouvelles connaissances utiles à tous. Cette collaboration ouvre également la voie à des investissements partagés et à une meilleure gestion des ressources à l’échelle municipale.
Exemple : transports et forces de l’ordre
Les services de transport utilisent leurs données de circulation pour compléter les informations issues des caméras de police et obtenir une vision plus globale de la congestion urbaine. Associées aux données relatives aux incidents et aux temps de réponse des forces de l’ordre, elles permettent d’étudier l’impact prévisible des embouteillages saisonniers ou liés à des événements sur les délais d’intervention.
Exemple : parcs et forces de l’ordre
La combinaison des données d’utilisation et de maintenance des parcs avec les analyses audio et de fréquentation issues des caméras de police permet une gestion plus efficace des ressources. Ces données peuvent notamment montrer si les investissements dans les espaces de loisirs sont corrélés à une diminution des nuisances à proximité. Elles constituent également des éléments tangibles pour appuyer les décisions budgétaires.
Le changement est en marche : pourquoi se préparer dès maintenant
L’adoption de l’analyse des tendances et de la reconnaissance de schémas fondées sur les données exige une collaboration ciblée entre services. Ne pas évoluer dans cette direction a toutefois un coût qui augmente progressivement : temps de réponse plus longs, tendances non détectées et ressources engagées sur la base d’intuitions plutôt que de faits. Pour les organisations performantes, la réponse est claire : oui, les bénéfices en valent la peine.
Les indispensables
Même si chaque organisation possède ses propres contraintes, certains principes de base s’appliquent partout :
- Flexibilité : des capteurs capables d’héberger des applications analytiques évolutives offrent davantage d’adaptabilité qu’un équipement à usage unique.
- Interopérabilité : les standards ouverts rendent possibles les échanges de données entre services sans intégrations coûteuses.
- Collaboration et infrastructures partagées : les réseaux de caméras fédérés et les accords de partage de données enrichissent les jeux de données sans multiplier les investissements.
La clé d’un avenir fondé sur l’analyse des tendances
Le point commun de tous ces principes est la nécessité d’éviter les silos technologiques et organisationnels. La collaboration et l’ouverture sont essentielles. Les systèmes fragmentés ralentissent non seulement les réactions en temps réel, mais limitent également les analyses approfondies nécessaires à l’identification des tendances.
Les standards ouverts permettent aux différents services de connecter leurs ressources et facilitent l’adoption future de nouvelles applications analytiques, tableaux de bord et autres outils. Ils favorisent également la coopération entre fournisseurs. Axis, par exemple, collabore avec plusieurs leaders du secteur afin de proposer des solutions adaptées à des besoins spécifiques.
Créer de la valeur : des décisions d’aujourd’hui aux performances de demain
Les organisations chargées de la sécurité publique qui développent dès aujourd’hui des écosystèmes de données stratégiques et de qualité seront les mieux placées pour démontrer demain des gains mesurables en efficacité opérationnelle. Dans un contexte budgétaire contraint, elles disposeront d’arguments plus solides pour obtenir les ressources nécessaires.
Une évaluation réaliste des risques
Les organismes qui réfléchissent déjà à leur infrastructure de données sont également mieux préparés à intégrer des solutions telles que les RTCC, les centres d’opérations d’urgence (EOC) ou encore les jumeaux numériques, appelés à jouer un rôle croissant dans la sécurité publique au cours des prochaines années. À l’inverse, retarder ces choix stratégiques peut entraîner des coûts importants lorsqu’il faudra remplacer des systèmes devenus obsolètes ou incompatibles.
Au final, les organisations qui tirent le plus de valeur des métadonnées et des analyses ne sont pas forcément celles qui produisent davantage de données. Ce sont celles qui posent de meilleures questions aux données dont elles disposent déjà et qui s’appuient sur les réponses obtenues pour prendre des décisions plus éclairées. Les premières étapes peuvent être aussi simples que cela.